& I want these words to make things right...

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Une nuit et une fois de plus
Merci pour les souvenirs
Même s'ils n'étaient pas si grandioses
"Il a le même goût que toi mais en plus agréable"
Une nuit, ouais, et une fois de plus
Merci pour les souvenirs, merci pour les souvenirs
"Il, il a le même goût que toi mais en plus agréable"





& On oublie qu'il fait noir. Alors enfin on vit.

# Posté le lundi 13 avril 2009 10:01

Modifié le lundi 13 avril 2009 16:21

__# Chapitre Un. ~ Helena

__# Chapitre Un. ~ Helena
Les flammes dansent autour de moi, si proches que je peux sentir leur chaleur sur mes bras nus. Elles roulent, tourbillonnent dans les air alors que je fais virevolter les quilles enflammées. Des « clowneries » qu'ils appellent ça. Enfin, surtout lui. Comme si le seul art dans la vie, c'était de faire de la musique avec ses copains. Comme si c'était mieux, plus glorifiant, plus difficile. Mais la jonglerie est un art, comme tout ce qui touche au cirque d'ailleurs. Le monocycle, la gymnastique acrobatique, la contorsion, tout ça sont des arts à part entière qui sont, d'ailleurs, bien plus difficiles à maîtriser que quelques accords sur une guitare. Je persiste et signe. Ces « clowneries » comme ils disent, sont ma passion. Une passion qui rythme ma vie, qui l'illumine comme elle ne l'avait jamais été auparavant. Les flammes qui tourbillonnent au dessus de ma tête, donnant au champs entourant la maison des couleurs magnifiques face au soleil couchant, m'avaient appris plus de valeurs que quiconque avait traversé ma vie. Ou presque. J'avais appris la persévérance, la patience, la fierté. Elles m'avaient apporté, en quelques petites années de pratique, plus que ce que les humains de mon entourage ne l'avaient fait depuis ma naissance. Et peu importe ce qu'ils disent, je ne considérais en aucun cas tout ça comme des « clowneries » et n'acceptais jamais les critiques là-dessus. C'était une partie de ma vie. La partie de ma vie qui avait connu la lumière. Et je savais plus que quiconque le travail et l'énergie que tout cela demandait.
C'était d'ailleurs grâce à tout cela que je parvenais à calmer mes nerfs, lorsque la situation était tendue. Et Dieu sait qu'elle était extrêmement tendue, en ce moment. Plus que jamais, d'ailleurs. Je pris une gorgée de solution spéciale et la crachai fortement sur ma flamme, crachant le feu comme jamais. Et ça me libérais. Comme si, en une fraction de seconde, je brûlais tous mes soucis. Tous mes souvenirs noirs, tous ces actes sales et horribles, toutes ces paroles blessantes qu'il avait pu me dire. Mon frère. Tu parles. Comme s'il avait la moindre notion de ce qu'était un lien fraternel. Depuis quelque temps, trop de temps maintenant, on ne s'entendait plus. Je savais très bien pourquoi, mais me refusait à accepter ce qu'il s'était passé. Je n'étais certes pas blanche comme une colombe, mais la faute n'en était pas que sur moi pour autant. Et je ne méritais pas ce qu'il me faisait subir. J'étais devenue, en quelque sorte, sa tête de turc. Et il ne se gênait pas pour me le montrer. Certains pourraient croire que cela n'était qu'une adolescence dure à vivre. Mais le fond de l'histoire était bien présent, et c'était bien plus que ça. Et même si je connaissais l'objet de sa rancune, jamais je ne me serais laissée à la compassion. Je n'avais pas mérité ses actes envers moi, et j'étais maintenant trop fière pour admettre que j'étais, peut-être, en tort. Je sais que, quand je rentrerai, après avoir fini mon petit numéro, il se permettra encore de parler pour ne rien dire. Ou pour me faire du mal. Et j'encaisserai. J'ai pris l'habitude d'encaisser. Ça fait longtemps que j'encaisse, trop longtemps. Mais ai-je d'autres solutions après tout ? Que ce soit lui ou un autre... Je préfère ce que lui me fait subir. Ça fait moins mal. C'est moins salissant. Et je n'ai pas envie de vomir, de hurler, de me faire du mal quand je le vois. Je n'ai plus cette envie depuis... Depuis que je suis ici. Et tous les jours, je prie Dieu pour que cette douleur ne m'atteigne plus jamais. On ne s'entend peut-être plus, mais lui au moins, ne me fait pas de mal. Pas comme ça.
Je pousse un soupir fatigué, rattrape d'une main la dernière quille qui volait encore dans les airs avant de l'éteindre et de m'asseoir, éreintée, dans l'herbe jaunie par le soleil de l'après-midi. Mon portable vibre dans ma poche, et un sms d'Emily s'affiche à l'écran.

« Joli spectacle ma belle ! Ton frère a encore fait des siennes, je suppose ? Tiens-moi au courant. A demain cocotte, je t'aime :) »


Emily habitait à l'autre bout du champ derrière la maison. Et depuis la fenêtre de sa chambre, elle pouvait voir mes flammes vriller dans les airs. Emily était ma meilleure amie... Et parfois j'avais honte de moi. Je la jalousais pour ce que je n'avais pas. Son grand frère à elle, était protecteur, attentionné. Ils faisaient attention l'un à l'autre, et leur vie était tellement teintée d'amour fraternel que j'en viendrais presque à les détester d'avoir su construire une relation comme ça. Évidemment, la situation n'est pas la même. Mais pourquoi les choses ne sont pas si faciles pour moi ? Est-ce que j'ai été condamnée, quelque part, là-haut, avant ma naissance ? Est-ce que j'ai été condamnée à être emprisonnée dans le mal qui me ronge depuis que je suis enfant ? Tout ça, c'est de la faute de cette ordure. C'est lui qui m'a enchaînée. Et je trouve pas la clé. Je suis enfermée dans cette routine exaspérante. Ma vie n'est plus que routine, après tout. A croire que je ne suis jamais contente. Mon enfance n'a été qu'une routine pourrie, qui me niquait la vie, au propre comme au figuré. Une routine qui me faisait plus de mal que tout ce que vous pouvez imaginer. Et maintenant, alors que tout s'est arrangé, ce n'est plus qu'une routine ennuyeuse et banale. Je haïssais la première, mais ce n'est pas pour ça que la deuxième est mieux. Je devrais m'estimer heureuse, mais je n'y arrive pas. Ma vie, c'est pas ça. Ça ne devrait pas être ça. Je crois en moi maintenant. Malgré tout ce qui m'est tombé sur la gueule, malgré les coups bas, malgré les coups tout court, je suis encore debout maintenant. Alors oui, je mérite mieux que tout ça. Je le sais. Mais je ne sais tout simplement pas comment l'obtenir.

# Posté le mardi 14 avril 2009 13:40

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 13:24

__# Chapitre Deux. ~ Helena

__# Chapitre Deux. ~ Helena
Je crois que cette histoire me pèse beaucoup trop au fond. Je n'arrête pas de me le dire parce que je m'en rends compte seulement maintenant. Et tout ça m'éloigne d'Emy aussi, parce que je suis jalouse, et c'est horrible d'être jalouse de sa meilleure amie. La relation qu'elle entretient avec son frère est tellement mieux que la notre. Et contrairement à tout ce que je pouvais penser, je ne pouvais pas me détacher de mon frère. J'avais besoin de garder quelque chose de lui, même si on arrivait au point de non retour. C'est pourquoi, quelques temps plus tôt, je m'étais fait tatouer, dans le bas du dos, la même chose que ce que lui s'était fait tatouer dans le bas du ventre. Et j'en étais fière. Mais je priais pour que la situation ne se dégrade pas au point d'arriver à le regretter.
J'ai regroupé toutes mes affaires avant de reprendre le chemin qui me mènerait à mon bourreau. Ce qui était le plus énervant était de voir le réel changement de notre réaction et aussi le fait que je n'avais jamais envie de rentrer quand il était dans les parages. Pourtant je le devais, je n'avais pas le choix, aucune autre solution. J'ai poussé la porte de la cuisine, et suis montée directement dans ma chambre. Pas la peine de laisser mon matériel de cirque trainer dans toute la maison. Et puis je ne savais pas, avec l'autre nigaud qui glandait dans le salon, si je pouvais avoir confiance, alors j'avais pris l'habitude de tout ranger directement, ce qui n'était pas plus mal en fin de compte. Comme quoi, parfois il servait à quelque chose. Tant que j'étais à l'étage, j'en ai profité pour me débarbouiller un peu, puis suis redescendue pour travailler mes cours par correspondance, parce que oui, je suis des cours par correspondance. Étant plus petite j'ai développé une phobie scolaire : j'ai peur qu'on ne vienne me chercher pendant les cours ou a la sortie pour me faire du mal... Ça peut vous paraitre ridicule, et ne vous inquiétez pas, il n'y a pas que vous qui pensez ça, mais c'est un vrai enfer pour moi. Même une stupide fête dans un lycée, je ne peux pas, parce que c'est directement crise d'angoisse sur crise d'angoisse. Je déteste cette phobie, et croyez moi je préférerais aller à l'école... Quand je rentre dans le salon, personne à l'horizon, tant mieux. Je m'assieds dans le fauteuil, prends un de mes classeur et mon I-pod, et commence à bosser. Les chansons défilent dans mes oreilles, mais seulement quelques unes retiennent mon attention, celles de mon groupe préféré, qui n'est autre que Fall out boy... Et la je peux vous dire que ce sujet est tabou. Toujours à cause de la même personne, mon frère adoré. - Ha, ironie quand tu nous tiens ! - & Oui, je n'ai même pas le droit d'apprécier de la musique dans ma propre maison. Si ça ce n'est pas un vrai boulet, dites moi ce que c'est par pitié. Je chantonne légèrement les paroles de « Grand Theft Autumn » quand celui ci fait son entrée entouré de son meilleur ami, un vrai boulet aussi. Je ne sais pas si mon frère lui a fait un lavage de cerveau, mais ce qui est sur c'est qu'il est toujours d'accord avec lui, même pour des choses stupides. Ce qui a pour habitude de m'énerver, surtout quand c'est pour me contredire, alors qu'au bout du compte, il ne connait que le superficiel de ma petite personne, assez complexe, je dois bien l'avouer.

_Waow, Hélèna sait ce que veut dire le mot « bosser », ça se fête dis donc.


Je ne prends même pas le temps de répondre et reste plongée dans ma leçon de grammaire. Ça ne sert à rien de toute façon, ce serait encore du temps perdu, parce qu'à chaque fois c'est la même chose, on se répète. On se hait, quoi de plus simple à comprendre ? Le seul moment où on a l'air de bien s'entendre c'est lors des repas ou des moments passés avec nos parents. Ils n'accepteraient pas qu'on se chamaille comme des gamins alors que nous sommes frère et s½ur. Ils ne se doutent pas une seule seconde de la haine que je peux lui vouer, et encore moins de celle qu'il me voue. C'est idiot, on pourrait juste jouer la carte de l'indifférence, mais ça c'est encore trop dur. Le respect aussi. C'est pour ça que ces deux boulets se laissent tomber lourdement sur le canapé, ou je suis assise et en train d'écrire, ce qui me laisse une belle rature sur mon questionnaire, et à ce moment là, je leur ferais bien bouffer, mais je ne dis rien, comme d'habitude, ils n'en valent pas la peine. Vous pourriez penser que ce n'est que des gamineries et que je ne devrais pas m'arrêter à ça, mais au bout du compte tout ça est vraiment énervant, et vous ne connaissez pas non plus mon frère et ses coup bas. Un vrai rapporteur. En fait, c'est très simple, mon frère est sociable avec tout le monde sauf moi. Et je crois que cette situation commence légèrement a m'obséder parce que remarquez que je ne vous parle que de ça. Les deux boulets allument la TV, émission musicale.

_Hé les égocentriques, je crois que vous vous voyez déjà assez pour même vous regarder la TV.

Ils se tournent vers moi, des sourires de crétins collés aux visages et mon frère me répond un vague « T'es jalouse Hélèna, c'est vrai, toi tu n'as que tes clowneries ! » Ce qui a vraiment le dont de m'énerver plus que tout, mais une fois de plus je me contrôle. Inspire, expire. Oh j'allais oublier de vous dire, mon frère et ses amis ont formé un groupe de rock, il y a quelques temps. Ce sont des petites célébrités ici, et même dans tous les États Unis si je situe bien... Ce qui a rendu mon frère... encore pire, un vrai calvaire.

# Posté le vendredi 17 avril 2009 11:58

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 13:25

__# Chapitre Trois. ~ Helena

__# Chapitre Trois. ~ Helena
Je m'enferme dans ma chambre et je l'entends qui arrive derrière moi. J'entends ses pas. Je les reconnais. Toujours. Il fait noir et j'ai peur. Je préférerais des coups plutôt que ça. Psychologiquement, ça me ferait sûrement moins mal. La porte s'entrouvre, laissant passer un rayon de lumière. La lumière du couloir. Et sa silhouette me gâche la vue. « Tu n'es qu'une pute. Tu n'as toujours fais que ça. De la merde. Tu es une merde. Une pute. Tu m'entends ? Tu es UNE PUTE. Et tu ne mérites que ça. Tu ne mérites que ça. Que ça. ça. »

Et il fait beaucoup trop clair d'un coup. Mes yeux me font mal. Je suis aveuglée par la lumière de la lune. Des sueurs froides me parcourent l'échine. Il faut que je sorte de mes draps, ils m'étouffent. Je m'éclaire avec mon portable et doucement, je vais m'asseoir sur la chaise de mon bureau, regardant du coin de l'½il le lit défait que je viens de quitter. Satanées angoisses. Cela faisait longtemps que je n'avais plus fait ce genre de cauchemar. Et instinctivement, malgré tout, je pense à mon grand frère. C'est incroyable cette habitude que j'ai de toujours l'appeler mon grand frère, vu cette haine qui me déchire les tripes. La douceur et l'insouciance de ce mot, grand frère, ne se marie pas avec les sentiments qui nous hantent et qui nous déchirent. Pourquoi ? Pourquoi. Cette question revient sans cesse. Je pense que, si l'on me demandait de me décrire en un mot, comme les psychanalystes le font souvent, ce mot serait le premier à franchir mes lèvres, sans même que j'aie à réfléchir. Pourquoi. Pourquoi moi. Pourquoi lui. Pourquoi nous. Pourquoi comme ça et pas autrement. Et la réponse, il me l'a donnée, maintes et maintes fois. « Tu sais très bien pourquoi », qu'il m'avait dit. Et puis il recommençait. Il redevenait le bourreau. Mon grand frère, ce bourreau. On devrait en faire un film. Dramatique le film. Ça marcherait au box office, j'en suis persuadée. D'ailleurs, si ce film ne me mettait pas en scène, je suis certaine que je l'aurais adoré. Mais c'est tout de suite moins drôle, vu de l'intérieur. « Tu sais très bien pourquoi ». Et lui, est-ce qu'il savait pourquoi ? Je suppose oui. Et je ne comprenais pas pourquoi on ne pouvait pas en parler, pourquoi, tous les deux, on restait campés sur nos positions. Trop fiers peut-être. Sur ce coup la, on se ressemblais bien. Et pourtant...
Pourquoi ça avait dégénéré ? Pourquoi avais-je tout fait dégénérer. Parce qu'il ne faisait aucun doute que c'était de ma faute. J'étais la méchante, pour lui. Mais je n'avais simplement pas compris. Un malentendu, qu'on appelle ça. Un malentendu, vous dites ? Comment m'aurait-il mal entendu s'il ne m'avait même pas laissé m'expliquer ? Un malécouté, oui. Un malécouté. En pouffant de rire, je jette un ½il au réveil situé à côté de mon lit. 3H33. M'essuyant le front, je me suis de nouveau levée et me suis recouchée, comme si de rien n'était. Je savais qu'en me réveillant le lendemain, j'aurais déjà oublié tout ça. J'aurais encore oublié. Et je ferme les yeux, mon – ou plutôt mes – pourquoi, résonnant dans ma tête. Le pire dans tout ça, c'est que, malgré ce que je me forçais à croire, je savais très bien pourquoi. Il avait raison, oui. Je savais pourquoi. Je ne voulais simplement pas me l'avouer.

Ce n'est pas la sonnerie stridente d'un réveil qui m'a fait ouvrir les yeux, mais plutôt le doux bruit d'un... vibreur de portable sur ma table de nuit. Pas la peine de regarder le nom de l'expéditeur, je savais très bien qu'Emily avait pris l'habitude de me réveiller en douceur.

« Coucou ma belle ! Alors ce ciné ? Joe nous accompagne, tu n'as rien à craindre. Tiens moi au courant, la séance est à quatorze heures... Bisous <3 »

Je n'ai rien à craindre. Bien sûr que je n'ai rien à craindre. C'est un ciné, pas le lycée. Personne ne vient me chercher au ciné. Je n'ai pas peur du ciné. Mais ça, Emily ne le sait pas. J'ai, dirons nous, omis de lui avouer cela. Mais Joe nous accompagne. Joe. Et pendant toute la séance, je devrai encore me coltiner leurs regards complices, leurs sourires, leurs taquineries. Pendant tout le trajet en voiture, j'entendrai leurs rires et les regarderai se chamailler pour choisir la station de radio. Pendant tout le film, je les verrai se lancer des popcorns incognito, je les entendrai pouffer. Je devrai subir la générosité exacerbante du grand frère Joe envers la petite s½ur Emy et sa meilleure amie. Je la verrai le remercier avec des étoiles éc½urantes perdues au fond de ses jolis yeux. Et je penserai à mon grand frère. Mon putain de grand frère qui n'est même pas capable de me souhaiter le bon jour avec un sourire aux lèvres. Et pourtant, dieu qu'il est beau son sourire, à mon grand frère. Mais il ne m'est jamais destiné. Jamais.

« J'ai enchainé les crises d'angoisse cette nuit. Je ne me sens pas très bien. Remets le bisou à Joe. Et ne m'en veux pas... Je t'aime <3 »


Et voilà. C'était le début de la fin. Ma jalousie m'explosait au visage. Grand frère m'avait déjà enlevé la partie de moi qui avait appris à sourire. Voilà qu'il mettait la main sur ma meilleure amie, celle qui était la quand ça n'allait pas, qui me supportait et me soutenait quoi qu'il arrive. Il mettait la main sur une des dernières personnes au monde qui arrivait à me faire oublier mes problèmes, qui arrivait à m'arracher des putains de sourires. Est-ce qu'il allait tout me prendre ? Au fond, ce qui me faisait le plus rager je pense, outre ma connaissance de la réponse à ce pourquoi que je ne voulais pas m'avouer, c'était que la situation n'avait pas toujours été pareille. L'attitude de mon frère m'horripilait, tout simplement parce qu'il y a quelque temps, son sourire était souvent dirigé vers moi. Il y a quelques temps, il m'aurait pris dans ses bras pour me dire bonjour, au lieu de m'imposer son regard fier et moqueur. Il y a quelques temps, c'est avec lui que j'aurais été au cinéma, que j'aurais ri à en pleurer, c'est avec lui que j'aurais fait une bataille de popcorn ou que j'aurais hurlé comme une gamine pourrie gâtée pour choisir ma station de radio dans la voiture. Et il y a quelques temps, d'ailleurs, il m'aurait laissé choisir. Il y a quelques temps, ses insultes auraient été accompagnées de clin d'oeil qui en auraient fait craquer plus d'une. Excédée, je baille lourdement. Il est tard, je ne dois pas me rendormir. Pas maintenant.

# Posté le samedi 30 mai 2009 10:11

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 13:25

__# Chapitre Quatre ~ Helena

__# Chapitre Quatre ~ Helena
_Bouge de la, petite peste ! J'dois juste me brosser les dents.
_Moi aussi. Et j'y étais AVANT toi, à c'que j'sache !
_Oui, mais je suis chez moi.
_Moi aussi, andouille.


La même porte, peinte en blanc. La même poignée dorée. Son sourire en plus. Ses dents sont si blanches que j'ai du mal à croire qu'il doive encore les brosser. Malgré sa carrure, comparé à mon petit corps de moineau, je lui bloque le passage, lui empêchant l'accès à la salle de bain. Il me surplombe, me regardant droit dans les yeux comme pour me faire céder, alors je croise les bras : ça ne marchera pas. Imposant, il pose alors chacune de ses mains de chaque côté de ma tête. Et il attend. Sans rien faire. Il ne se passe rien pendant quelques secondes.

_Bien. Puisque mademoiselle est bornée, ce que je vais faire c'est que... Nous... allons... Y ALLER ENSEMBLE !

Et en criant ces derniers mots, me surprenant par la même occasion, il me prend par la taille. Dans ma surprise, je me décale un peu et il en profite pour saisir la poignée et ouvrir la porte en nous poussant à l'intérieur. Et on rigole. On est bien, là. Sa main gauche enlace toujours ma taille. On est si proche et... Trop proches même.

_Vous êtes encore debout vous ?

La voix de... papa nous surprend. On se décale. Je me racle la gorge, et d'un geste fébrile attrape ma brosse à dent. Je vois du coin de l'½il mon frère enlever son t-shirt pendant que papa nous sermonne en rigolant. Il n'est pas du genre à fixer des règles alors qu'il sait pertinemment qu'elles ne seront pas respectées. Les jeunes vont toujours coucher tard, c'est bien connu, qu'il dit. Puis il s'en va, tout sourire. Grand frère me donne un coup de bassin en me souriant, pour que je me décale de l'évier, alors que je rince déjà ma bouche.

_Depuis quand il faut se déshabiller pour se brosser les dents ?
_Depuis qu'il y a une jolie fille à la maison.
_Emily ? Ça fait longtemps que tu la connais, tu viens de...


Il éclate de rire et je me tais. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit encore ?

_Dis pas de conneries ma belle. Tu sais bien que j'parle pas d'ça.

Je rougis. J'étais jeune après tout. Et ce genre de truc, moi je ne les connaissais pas. Les battements de mon c½ur aussi, m'étaient inconnus. Et pourtant ils ne m'effrayaient plus. J'étais en sécurité ici, et je le savais. Je savais que lui ne me ferait pas de mal. J'avais confiance.

_Tu m'attends ?

J'ai souris et, sans rien dire, me suis assise sur le bord de la baignoire. Je le regarde. Il est vraiment beau, c'est vrai. Ses tatouages le rendent carrément canon. Il m'impressionne. J'aimerais bien être comme lui, avoir sa force, son charisme. Mes yeux croisent les siens dans le miroir. Je rougis de nouveau. Il se rince la bouche, puis me prend par la main, me faisant me relever.

_Tu connais la chanson « What if I kiss you goodnight » ?

Il chuchote, et je lui réponds d'un signe négatif de la tête. Alors il se penche vers moi, pose sa main droite contre ma joue, qu'il caresse doucement de son pouce. Le dernier souvenir qu'il me reste de cette scène sont ses lèvres qui se posent doucement sur les miennes.

# Posté le dimanche 19 juillet 2009 16:01

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 13:26